Prix d'une rénovation électrique pour une maison de 100 m²
Comptez 80 à 130 €/m² pour une rénovation électrique complète en maison de 100 m², 2 000 à 4 500 € pour une mise en sécurité. Détail des postes et devis.
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Une maison de 100 m² dont l’installation date des années 1970, un tableau à fusibles en porcelaine, pas de prise de terre dans la salle de bains : la question qui vient ensuite est de savoir si le budget se compte en 3 000 € ou en 15 000 €. L’écart existe réellement, et il ne dépend pas du talent de négociation mais de la nature des travaux. Remettre l’installation en sécurité et la refaire entièrement sont deux chantiers différents, avec deux prix différents. Les devis mélangent souvent les deux sans le dire.
Les fourchettes ci-dessous séparent les deux cas, poste par poste, avec ce que chaque ligne couvre en fournitures et en main-d’œuvre. De quoi savoir si le montant reçu correspond à une mise en conformité partielle ou à une refonte complète du réseau, et repérer les postes qu’un devis honnête chiffre séparément.
Combien coûte la rénovation électrique d’une maison de 100 m²
Deux chantiers très différents se cachent derrière le mot « rénovation ». Compter 2 000 à 4 500 € pour une mise en sécurité, 8 000 à 13 000 € pour une refonte complète avec remplacement des câbles. Fourniture et pose incluses, hors reprise des saignées et des peintures.
| Poste | Fourchette (fourniture + pose) |
|---|---|
| Tableau électrique nu (13 à 26 modules) | 400 à 900 € |
| Tableau équipé et raccordé | 1 200 à 2 500 € |
| Mise à la terre (piquet ou boucle) | 400 à 1 200 € |
| Point lumineux ou prise créé | 80 à 150 € |
| Circuit spécialisé (four, plaque, lave-linge) | 200 à 400 € |
| Passage complet en câbles neufs, 100 m² | 60 à 110 €/m² |
Mise en sécurité : 2 000 à 4 500 €
On conserve les câbles en place et on traite ce qui présente un danger : remplacement du tableau et des fusibles à broche, pose d’un interrupteur différentiel 30 mA, création ou reprise de la mise à la terre, suppression des prises sans terre dans les pièces d’eau. L’installation reste ancienne, mais protégée.
Refonte complète : 8 000 à 13 000 €
Là, tout est repris depuis le disjoncteur de branchement : gaines, câbles, boîtes de dérivation, appareillage, tableau, circuits séparés par usage. Le prix grimpe surtout avec la méthode de passage des câbles. En logement vide avec doublage à refaire, on reste bas ; en maison habitée où il faut saigner des murs pleins et reboucher, le budget dépasse facilement 13 000 €.
Ce que la NF C 15-100 impose et ce qu’elle n’impose pas
La norme ne s’applique qu’aux installations neuves et aux parties effectivement refaites. Remplacer le tableau et tirer quatre circuits neufs n’oblige personne à reprendre les prises du reste de la maison : seuls les circuits touchés doivent être conformes. Un électricien qui vous annonce que « la norme impose de tout refaire » se trompe, ou arrondit son devis.
Sur ce qui est refait, les exigences sont précises. Chaque groupe de circuits passe derrière un différentiel 30 mA, avec un maximum de 8 circuits par dispositif. Un séjour demande au moins 5 socles de prise, une chambre 3, une cuisine 6 dont 4 au-dessus du plan de travail. La gaine technique logement abrite tableau et arrivée télécom, sur une largeur de 600 mm minimum, du sol au plafond. Dans une salle de bains, la liaison équipotentielle locale est obligatoire et aucun socle de prise n’est admis dans le volume 1.
Les points contrôlés sur une installation existante
Le diagnostic électrique, obligatoire à la vente d’un logement de plus de 15 ans et valable 3 ans, ne juge pas la conformité à la norme mais la sécurité. Il vérifie six points : l’appareil général de commande et de protection accessible, la protection différentielle, les protections contre les surintensités, la liaison équipotentielle des locaux d’eau, l’absence de matériels vétustes et celle de conducteurs sans protection mécanique. Un rapport chargé de six anomalies oriente vers une refonte ; deux ou trois points isolés se traitent au coup par coup.
Ce qui fait varier la facture du simple au double
À surface identique, deux devis peuvent s’écarter de 8 000 € sans que l’un des deux soit malhonnête. Le premier poste responsable, c’est le mode de passage des câbles. En encastré, il faut saigner les murs, poser les gaines, reboucher : comptez couramment le double d’heures par rapport à une pose en moulures ou en plinthes techniques. L’apparent reste une solution acceptable en rénovation, même s’il se voit.
La nature des murs pèse ensuite. Une saignée dans du placo se fait à la scie en quelques minutes, dans de la pierre ou du béton banché elle réclame une rainureuse, un aspirateur à poussière et beaucoup plus de temps. Les cloisons sèches avec vide technique sont le cas le plus favorable : on tire les câbles sans rien casser.
Un chantier en site occupé coûte plus cher qu’un logement vide. L’électricien protège, déplace les meubles, rétablit le courant chaque soir et revient en plusieurs passes. Sur une refonte complète, cela représente facilement trois à cinq journées supplémentaires.
Restent des variables qu’on oublie au chiffrage : hauteur sous plafond au-delà de 2,70 m (échafaudage, longueurs de câble), nombre de points de commande (un va-et-vient ou un télérupteur coûte plus qu’un simple allumage), et surtout la reprise des enduits et des peintures, presque jamais incluse dans un devis d’électricité. Le rebouchage des saignées l’est parfois, la finition non. Vérifiez la ligne.
Faut-il faire un diagnostic avant de chiffrer les travaux
Le diagnostic n’est pas un préalable technique aux travaux : c’est un document réglementaire. L’état de l’installation intérieure d’électricité est obligatoire à la vente d’un logement dont l’installation a plus de quinze ans, et il doit être joint au bail pour une location. Comptez 100 à 150 € selon le diagnostiqueur, avec une validité de trois ans pour une vente, six ans pour un bail.
Il est réalisé par un diagnostiqueur certifié, qui n’a pas le droit d’intervenir sur l’installation qu’il contrôle. Donc pas de devis à la clé.
Ce que le diagnostic repère, et ce qu’il ignore
Le contrôle porte sur quelques points précis : présence d’un appareil général de coupure accessible, d’un dispositif différentiel adapté, d’une protection contre les surintensités sur chaque circuit, d’une liaison équipotentielle et d’un respect des volumes dans les pièces d’eau, enfin l’absence de matériels vétustes ou de conducteurs dénudés.
Le diagnostiqueur travaille à vue, sans démonter les appareillages ni ouvrir les cloisons. Il ne mesure pas la section réelle des câbles encastrés, ne juge pas si le nombre de prises suffit à votre usage, et ne chiffre rien. Une anomalie signalée reste une piste, pas un métré. Pour un devis, il faut la visite d’un électricien qui ouvre le tableau, teste les circuits un par un et relève les cheminements possibles.
Lire un devis d’électricien ligne par ligne
Un devis qui annonce « rénovation électrique complète, 100 m² : 11 000 € » n’est pas comparable à un autre. Il faut des quantités. Chaque circuit doit apparaître séparément : nombre de circuits prises, d’éclairage, de circuits spécialisés (plaque, four, lave-linge, lave-vaisselle), nombre de points de commande et de prises par pièce. Sans ce détail, vous ne saurez jamais si l’électricien a prévu 6 prises dans le séjour ou 3.
Le matériel de tableau doit être nommé : marque, calibre du disjoncteur de branchement, nombre et sensibilité des interrupteurs différentiels, nombre de modules libres laissés en réserve. Un tableau rempli à ras bord vous coûtera cher à la première modification. Vérifiez aussi le mode de pose annoncé, encastré ou en goulotte, ligne par ligne et non en note de bas de page.
Trois postes se retrouvent souvent hors devis sans être signalés :
- l’attestation de conformité Consuel, obligatoire après une réfection totale de l’installation, avec les frais de dossier et le visa éventuel ;
- la reprise des saignées, des enduits et des peintures après passage des gaines ;
- la dépose et l’évacuation de l’ancien matériel.
Regardez enfin l’acompte demandé, le délai d’exécution en jours ouvrés et la durée de validité du prix. Un acompte au-delà de 30 % avant toute intervention mérite une explication écrite.
Commencez par ouvrir votre tableau et photographier ce qu’il contient : nombre de disjoncteurs, présence ou non d’un interrupteur différentiel 30 mA, type de câblage visible derrière la porte. Avec ces photos et le plan de la maison, un électricien peut déjà vous dire au téléphone si vous êtes sur une mise en sécurité à 3 000 € ou sur une reprise complète à 12 000 €, ce qui évite de faire déplacer trois entreprises pour rien. Demandez ensuite des visites sur place, en précisant que vous voulez un devis chiffrant les circuits un par un, pas un forfait au mètre carré : certains refuseront, c’est un tri utile. Prévoyez deux à trois semaines entre le premier appel et le dernier devis reçu, et attendez-vous à des écarts importants d’un artisan à l’autre, souvent parce qu’ils n’ont pas compris la même chose de vos attentes, ce que vous ne verrez qu’en comparant les lignes.
Questions fréquentes
Combien de temps dure une rénovation électrique complète dans une maison de 100 m² ?
Comptez deux à quatre semaines pour une reprise totale avec saignées, en équipe de deux électriciens, hors reprise des enduits et peintures. Une simple mise en sécurité (tableau, différentiel, liaison à la terre) se traite en un à trois jours. La pose en apparent ou en plinthes raccourcit nettement le chantier, parfois de moitié, parce qu’elle supprime le poste maçonnerie.
L’attestation Consuel est-elle obligatoire après des travaux ?
Oui dès que l’installation est entièrement refaite et qu’elle doit être remise en service par le gestionnaire de réseau, ou lors d’un raccordement neuf. Pour une intervention partielle sur une installation qui reste alimentée, elle n’est pas exigée. Le coût de l’attestation reste modeste, quelques dizaines d’euros, mais une visite de contrôle peut s’y ajouter si votre dossier est tiré au sort.
Peut-on rester dans la maison pendant les travaux ?
C’est possible si l’électricien travaille pièce par pièce et laisse un circuit provisoire en service pour l’éclairage, le réfrigérateur et un point de cuisson. Le remplacement du tableau impose en revanche une coupure de plusieurs heures. La poussière des saignées est le vrai problème : elle se répand partout. Prévoyez de bâcher, ou de vous absenter les jours de percement.
Quelle TVA s’applique sur une rénovation électrique ?
10 % dans la plupart des cas : il s’agit de travaux d’amélioration dans un logement achevé depuis plus de deux ans, fourniture et pose facturées par l’entreprise. Le taux réduit ne s’applique pas si vous achetez le matériel vous-même. Les travaux d’amélioration énergétique relèvent d’un taux de 5,5 %, mais une reprise d’installation électrique n’entre pas dans cette catégorie.
Ai-je le droit de refaire l’électricité moi-même ?
Rien ne l’interdit dans votre propre logement, à condition de respecter la NF C 15-100 et de faire valider l’installation par le Consuel si une mise en service est nécessaire. Les limites sont ailleurs : pas de garantie décennale sur votre travail, et un sinistre d’origine électrique mal câblé peut donner lieu à discussion avec l’assureur. Beaucoup de particuliers tirent les gaines et confient le tableau à un professionnel.
Rédaction Questions Travaux
Julien Morel est le nom de plume de la rédaction de Questions Travaux. Nos guides s’appuient sur les textes officiels (Anah, service-public.fr, Légifrance, ADEME) et les règles de l’art. Les prix cités sont des ordres de grandeur, jamais un devis.
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