Économie d'énergie

Étiquette énergétique des chauffe-eau : comment la lire

Classes A+ à G, profil de soutirage M, L ou XL, efficacité énergétique, décibels : ce que dit vraiment l'étiquette énergétique d'un chauffe-eau.

Par Mis à jour le 13 min de lecture

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Étiquette énergétique des chauffe-eau : comment la lire
L’essentiel : L’étiquette énergétique est obligatoire sur tous les chauffe-eau depuis le 26 septembre 2015 (règlement délégué UE n° 812/2013). Elle affiche une classe d’efficacité énergétique de A+ à F, une lettre de profil de soutirage (M, L, XL…) qui décrit le volume d’eau chaude tiré chaque jour, et un niveau sonore en décibels. Deux appareils ne sont comparables qu’à profil de soutirage identique : un chauffe-eau électrique classé C en profil M n’a rien à voir avec un thermodynamique classé A+ en profil L.

Deux chauffe-eau affichent tous les deux une classe A, et leurs consommations annuelles n’ont rien à voir. L’explication tient dans une petite lettre imprimée juste à côté du classement : M, L ou XL, le profil de soutirage. Sans elle, la comparaison de deux étiquettes ne veut rien dire, et c’est précisément ce que les fiches produit en ligne oublient de rappeler. Même chose pour le nombre en décibels, souvent relégué en bas à droite alors qu’il change tout si l’appareil se pose dans un cellier accolé à une chambre.

Le règlement délégué (UE) n° 812/2013 impose cet étiquetage depuis le 26 septembre 2015 pour les chauffe-eau jusqu’à 70 kW et les ballons jusqu’à 500 litres. Vous trouverez ici de quoi décoder chaque ligne, remettre deux modèles de technologies différentes sur la même base de calcul, et repérer les informations qu’aucune étiquette ne porte mais qu’un devis doit mentionner.

Ce que l’étiquette affiche, du haut vers le bas

L’étiquette des chauffe-eau découle du règlement délégué (UE) n° 812/2013, applicable depuis le 26 septembre 2015. Cinq informations y figurent, toujours dans le même ordre.

En haut, le nom du fournisseur et la référence du modèle. Juste en dessous, la classe d’efficacité énergétique pour le chauffage de l’eau, sur une échelle qui va de A+ à F depuis le 26 septembre 2017 (A à L pour les étiquettes antérieures). À droite de la flèche de classe, une lettre dans un carré : le profil de soutirage déclaré, noté 3XS, XXS, XS, S, M, L, XL, XXL, 3XL ou 4XL.

Le bandeau inférieur regroupe trois pictogrammes. La consommation annuelle d’énergie, exprimée en kWh d’électricité et, pour les appareils à combustible, en GJ de PCS. Le niveau de puissance acoustique intérieur en dB(A), utile pour un chauffe-eau thermodynamique posé dans un cellier mitoyen d’une chambre. Enfin, un pictogramme d’horloge signale les modèles capables de fonctionner uniquement en heures hors pointe.

Le profil de soutirage M, L ou XL décide de tout

Cette lettre n’est pas une taille de ballon. C’est un scénario de puisage normalisé défini par le règlement (UE) n° 814/2013 : une journée type de douches, de vaisselles et de robinets, reproduite en laboratoire pour mesurer la consommation. Comparer un modèle testé en M avec un modèle testé en XL n’a aucun sens, même si les deux affichent la même classe.

Les profils vont de 3XS à 4XL. Les trois qui concernent la quasi-totalité des chauffe-eau domestiques correspondent à une énergie utile quotidienne de 5,845 kWh pour M, 11,655 kWh pour L et 19,07 kWh pour XL.

Quel profil correspond à votre foyer

Traduit en eau chaude à 40 °C, M représente de l’ordre de 130 à 140 litres par jour, L environ 230 à 250 litres, XL plus de 380 litres. Soit grossièrement deux à trois personnes, trois à quatre, puis cinq et au-delà.

Vérifiez donc la lettre avant le reste du devis. Un modèle en M chez un foyer qui consomme en L videra son ballon en fin de journée.

Les classes A+ à F et le calcul de l’efficacité énergétique

La lettre affichée en haut de l’étiquette découle d’un seul nombre : l’efficacité énergétique de production d’eau chaude, notée ηwh. Elle rapporte l’énergie utile réellement soutirée à l’énergie consommée sur le cycle de mesure, et s’exprime en pourcentage. Le mode de calcul et les seuils figurent dans le règlement délégué (UE) n° 812/2013.

Point à retenir : les seuils ne sont pas les mêmes d’un profil à l’autre. Pour un profil M, la classe A démarre autour de 65 % et la classe A+ demande d’atteindre 100 %. Sur un profil L ou XL, la barre est placée plus haut, parce que le scénario de puisage laisse moins de place aux pertes de maintien en température. Comparer une lettre obtenue en M avec une lettre obtenue en XL ne dit donc rien de fiable.

Pourquoi une résistance électrique plafonne en classe C

Un dépassement de 100 % n’est pas une anomalie de mesure : il suppose que l’appareil récupère de la chaleur gratuite dans l’air, donc une pompe à chaleur. Une résistance électrique, elle, restitue au mieux ce qu’elle consomme. Le calcul applique en plus un coefficient de conversion de 2,5 entre électricité et énergie primaire, ce qui ramène le résultat autour de 36 à 39 %, soit les classes C ou B selon le profil et la qualité de l’isolation de la cuve.

Comparer un cumulus électrique et un thermodynamique sur étiquette

Prenez deux appareils déclarés en profil L, sans quoi la comparaison ne tient pas. Un chauffe-eau électrique à accumulation de 200 litres affiche en général une classe C et une consommation annuelle autour de 3 400 à 3 700 kWh. Un thermodynamique de capacité voisine se situe en A+, entre 1 000 et 1 400 kWh selon la température de l’air capté et la source utilisée (air ambiant, air extérieur, air extrait).

L’écart, environ 2 300 kWh par an, se traduit à 0,20 €/kWh TTC par un ordre de grandeur de 460 € annuels. Cette valeur reste théorique : elle suppose le scénario de puisage normalisé, un local conforme aux conditions d’essai et un prix du kWh stable, trois hypothèses que votre installation ne vérifiera pas exactement.

Reste le prix d’achat, que l’étiquette n’indique pas et qui sépare nettement les deux technologies. Les fourchettes pour le thermodynamique sont détaillées sur cette page.

Le niveau sonore, la donnée qu’on lit trop vite

Le chiffre en décibels imprimé sur l’étiquette est une puissance acoustique (LWA), pas un niveau perçu à distance. Ce n’est pas la même grandeur que celle d’un sonomètre posé dans la pièce voisine : à un ou deux mètres de l’appareil, on mesure en général 8 à 12 dB de moins. Un chauffe-eau thermodynamique annoncé à 50 dB reste donc audible, mais on ne se tient pas à côté toute la nuit.

Où installer un appareil affiché à 50 dB

Trois points comptent plus que le chiffre lui-même. La paroi mitoyenne d’abord : évitez de coller l’appareil contre la cloison d’une chambre, surtout une cloison en plaques de plâtre, qui se comporte comme une membrane. Le sol ensuite, les vibrations du compresseur se transmettent par la dalle si l’appareil repose à plat sans plots antivibratiles.

Reste le local. Un modèle sur air ambiant demande couramment 20 m³ minimum et un volume non chauffé : garage, cellier, buanderie. Le fabricant fixe ce seuil, vérifiez-le dans la notice, il conditionne aussi la performance annoncée.

Ce que l’étiquette ne dit pas et qu’un devis doit préciser

L’étiquette mesure une performance énergétique dans des conditions d’essai normalisées, rien d’autre. Elle ne dit rien de la durée de vie de la cuve, du type de résistance (blindée au contact de l’eau ou stéatite sous fourreau), de la nature de l’anode (magnésium, titane, courant imposé), ni de la qualité de l’émaillage. Deux appareils classés B peuvent tenir cinq ans ou quinze selon la dureté de l’eau et ces détails de construction.

Elle ne donne pas non plus le volume réellement disponible, souvent inférieur au volume nominal, ni la température d’air d’essai pour un thermodynamique. Ces valeurs figurent sur la fiche d’information produit que le fabricant doit fournir avec l’étiquette au titre du règlement délégué (UE) 812/2013 : pertes statiques, volume, puissance acoustique, précautions d’installation. Exigez-la, elle est plus instructive que l’étiquette.

Sur le devis, demandez la référence commerciale exacte, le type de résistance et d’anode, la durée de garantie distinguant cuve et parties électriques, le groupe de sécurité, la dépose et l’évacuation de l’ancien appareil, et le détail du raccordement électrique ou aéraulique.

Demandez au vendeur ou à l’installateur la fiche produit réglementaire de chaque appareil proposé, pas seulement la référence commerciale : elle porte le profil de soutirage, la classe, l’efficacité en pourcentage et le niveau sonore, et elle doit être fournie gratuitement. Vérifiez d’abord que les modèles comparés affichent le même profil, sinon les classes ne se comparent pas. Si un devis mentionne une classe sans profil, réclamez la fiche par écrit, c’est en général le signe qu’on vous compare un L à un M. Attendez-vous aussi à ce que le rendement annoncé d’un thermodynamique soit mesuré en air extérieur ou en air ambiant selon les cas, ce qui change la valeur réelle dans un garage non chauffé : faites préciser la configuration retenue sur le devis, avec le volume du local et le mode de raccordement aérauliques.

Questions fréquentes

Un chauffe-eau solaire a-t-il aussi une étiquette énergétique ?

Oui, mais elle fonctionne différemment. Un capteur solaire associé à un ballon forme ce que le règlement (UE) n° 812/2013 appelle un paquet chauffe-eau et dispositif solaire, avec sa propre fiche et une échelle qui monte jusqu’à A+++. Cette étiquette de paquet est calculée par le vendeur ou l’installateur, à partir de l’appoint, du volume de stockage et de la zone climatique retenue.

Deux devis peuvent donc afficher deux classes différentes pour un matériel voisin. Demandez la fiche de paquet remplie, pas seulement l’étiquette du ballon.

Pourquoi l’échelle s’arrête-t-elle à A+ alors que les frigos sont repassés de A à G ?

Parce que le rééchelonnement de 2021 n’a concerné que six familles de produits (réfrigérateurs, lave-linge, lave-vaisselle, téléviseurs, lampes, distributeurs de boissons). Les chauffe-eau sont restés sur l’échelle du règlement 812/2013, avec des classes allant de A+ à F depuis le 26 septembre 2017.

Une révision de ce règlement est en discussion à Bruxelles depuis plusieurs années, mais rien n’est applicable à ce jour. En attendant, A+ reste le haut de l’échelle pour un chauffe-eau seul.

La classe affichée correspond-elle à ce que je consommerai vraiment ?

Non, pas exactement. L’étiquette repose sur un cycle d’essai normalisé : un profil de soutirage imposé, une température d’eau et, pour les appareils thermodynamiques, un climat moyen européen. Chez vous, une famille qui prend cinq douches le soir ou un local technique à 8 °C en janvier s’écartent de ces conditions.

L’étiquette sert à comparer deux appareils entre eux, sur la même base. Elle ne prédit pas une facture.

Un ballon de stockage sans production intégrée porte-t-il une étiquette ?

Oui, et elle est distincte. Les ballons d’eau chaude sanitaire simples, ceux qui stockent sans produire, relèvent d’une étiquette propre allant de A à G, fondée sur les pertes statiques exprimées en watts. Plus la perte est faible, meilleure est la classe.

Cette donnée compte davantage qu’on ne le croit sur un ballon raccordé à une chaudière ou à une pompe à chaleur : 60 W de pertes permanentes, c’est environ 525 kWh sur l’année, indépendamment de l’eau réellement puisée.

Le vendeur est-il obligé de me montrer l’étiquette avant l’achat ?

Oui. Le règlement 812/2013 impose l’affichage de l’étiquette sur l’appareil en magasin et la mise à disposition de la fiche produit, y compris en vente à distance et dans la publicité mentionnant un prix ou une performance. Le fournisseur doit fournir ces documents gratuitement au distributeur.

Sur un devis d’installation, rien n’oblige formellement à joindre l’étiquette. Exigez au minimum la référence commerciale exacte du modèle : elle permet de retrouver la fiche et de vérifier profil de soutirage, classe et niveau sonore.

Julien Morel

Rédaction Questions Travaux

Julien Morel est le nom de plume de la rédaction de Questions Travaux. Nos guides s’appuient sur les textes officiels (Anah, service-public.fr, Légifrance, ADEME) et les règles de l’art. Les prix cités sont des ordres de grandeur, jamais un devis.

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