Économie d'énergie

Équipements secondaires d'une pompe à chaleur : quelle fiscalité ?

Dépose de chaudière, désembouage, mise à niveau électrique : ce que couvre la TVA à 5,5 %, ce qui reste à votre charge et ce qui a remplacé le crédit d'impôt.

Par Mis à jour le 11 min de lecture

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Équipements secondaires d'une pompe à chaleur : quelle fiscalité ?
L’essentiel : Il n’existe plus aucun crédit d’impôt pour les travaux du logement : le CIDD puis le CITE ont disparu, et les deux derniers dispositifs (bornes de recharge, adaptation à la perte d’autonomie) ne s’appliquent plus aux dépenses payées depuis le 1er janvier 2026. La question utile aujourd’hui porte sur la TVA à 5,5 %, qui s’étend aux postes rendus nécessaires par la pose d’une pompe à chaleur quand l’installateur les réalise lui-même : dépose de l’ancienne chaudière, désembouage, adaptation du circuit, reprise des murs percés. En revanche, confiés à une autre entreprise, le tableau électrique ou la dalle de l’unité extérieure suivent leur propre taux, 10 % en général.

La question du crédit d’impôt sur les équipements annexes revient de page en page, et la plupart des réponses disponibles datent d’avant 2020. Elle n’a plus d’objet : aucun crédit d’impôt ne subsiste pour les travaux du logement. Reste le problème concret qui vous occupe, à savoir la dizaine de lignes qui s’ajoutent au prix de la pompe à chaleur elle-même : dépose de l’ancienne chaudière, désembouage du réseau, tableau électrique à reprendre, dalle ou console pour l’unité extérieure, saignées à rebouchers. Certaines de ces lignes sont facturées à 5,5 %, d’autres à 10 %, et l’écart se voit sur le total.

Le critère qui décide du taux est la notion de travail induit, définie par l’administration fiscale et interprétée assez strictement. Savoir où passe la frontière vous permet de vérifier ligne par ligne si un devis applique le bon taux, de repérer un poste gonflé parce qu’il est noyé dans le lot principal, et de chiffrer ce qui restera de votre poche quel que soit le taux appliqué.

Le crédit d’impôt n’existe plus, ce qui le remplace

Aucun équipement, principal ou secondaire, n’ouvre plus droit à un crédit d’impôt pour un logement. La question ne se pose donc plus en ces termes : ce qui se joue aujourd’hui sur les postes annexes d’une installation de pompe à chaleur, c’est le taux de TVA appliqué et le périmètre retenu par les autres dispositifs.

Du CIDD au CITE : une ligne d’impôt qui a disparu

Le crédit d’impôt développement durable (CIDD) est devenu crédit d’impôt transition énergétique (CITE) en 2015, puis a été remplacé par MaPrimeRénov’ en 2020 pour la plupart des ménages, et supprimé fin 2020. Les deux derniers crédits d’impôt du logement, celui des bornes de recharge et celui de l’adaptation à la perte d’autonomie, ne s’appliquent plus aux dépenses payées depuis le 1er janvier 2026.

Les dispositifs qui prennent le relais pour une pompe à chaleur

Quatre leviers restent mobilisables : la TVA à 5,5 % sur les travaux d’amélioration énergétique, MaPrimeRénov’ par geste (qui finance encore la PAC air/eau et la PAC géothermique, hors ménages aux revenus supérieurs), les primes CEE et l’éco-PTZ, réservé aux propriétaires. Les montants et conditions sont détaillés sur la page aides à la rénovation énergétique 2026.

Ce qu’est un travail induit au sens fiscal

La TVA réduite ne s’applique pas à un type de matériel, elle s’applique à une opération. C’est là que tout se joue : un même percement de mur peut être facturé à 5,5 % ou à 10 % selon qu’il est réalisé par l’installateur de la pompe à chaleur ou par une autre entreprise.

La condition d’indissociabilité et la facture unique

Un travail induit bénéficie du taux réduit de l’équipement principal à trois conditions cumulatives. Il doit être rendu nécessaire par l’installation elle-même, être réalisé par l’entreprise qui pose la pompe à chaleur, et rester accessoire, c’est-à-dire d’un coût modeste au regard de l’installation. Si l’une manque, le poste suit son propre taux : 10 % pour des travaux d’amélioration dans un logement achevé depuis plus de deux ans.

Le critère de nécessité est le plus discuté. L’administration raisonne en termes de remise en état : reboucher et repeindre la saignée du passage des liaisons frigorifiques est induit, refaire la peinture de toute la pièce ne l’est pas. La reprise s’arrête à la surface touchée par le chantier.

Conséquence pratique sur votre devis : demandez que chaque poste annexe soit ligné séparément, avec son taux de TVA en regard. Un devis global à taux unique vous prive de toute vérification, et l’entreprise reste responsable du taux qu’elle applique.

Poste par poste : quel taux, quel prix

Les fourchettes ci-dessous valent pour une maison individuelle, fourniture et pose comprises, hors gros imprévus de structure.

PosteTaux probablePrix indicatif
Dépose de l’ancienne chaudière5,5 %150 à 400 €
Désembouage du circuit5,5 %500 à 1 200 €
Remplacement de radiateurs5,5 %400 à 900 € par émetteur
Percements et rebouchage5,5 %80 à 250 €
Socle ou plots de l’unité extérieure5,5 % si posé par l’installateur100 à 500 €
Mise à niveau du tableau électrique5,5 % si limitée à la PAC et faite par l’installateur, sinon 10 %300 à 1 200 €
Évacuation des condensats5,5 %80 à 300 €
Neutralisation ou enlèvement d’une cuve à fioul10 %500 à 2 500 €

Le tableau électrique est le cas litigieux : si l’entreprise se limite à ajouter la protection dédiée à la PAC, le taux réduit se défend. Une mise en conformité complète de l’installation relève de l’électricité générale, donc de 10 %, voire de 20 % sur un logement de moins de deux ans.

Lire un devis de pompe à chaleur sans se faire piéger

Un devis qui annonce un montant global « TVA 5,5 % incluse » ne permet aucune vérification. Exigez le détail poste par poste, avec pour chaque ligne le prix de fourniture, celui de la pose et le taux de TVA appliqué. C’est aussi la seule façon de comparer deux propositions entre elles.

Vérifiez au passage la mention de l’assurance professionnelle de l’entreprise, obligatoire sur les devis et factures depuis la loi du 18 juin 2014 : nom de l’assureur, coordonnées, couverture géographique.

Un taux réduit appliqué à tort : qui paie le redressement

Depuis mars 2025, l’attestation que le client signait a disparu : pour les taux réduits des articles 278-0 bis A et 279-0 bis du CGI, vous certifiez par une mention portée sur le devis ou la facture que le logement est achevé depuis plus de deux ans et que les travaux sont éligibles. Si l’administration requalifie un poste, c’est l’entreprise qui est redressée, mais vous êtes solidairement tenu du complément de TVA si la mention se révèle inexacte de votre fait. Refusez donc qu’une véranda, une terrasse ou une réfection de sol soit glissée à 5,5 %.

Reprenez votre devis et vérifiez qu’il distingue les postes ligne par ligne, avec le taux de TVA appliqué à chacun : si tout est fondu dans un forfait unique à 5,5 %, demandez un détail écrit, l’installateur engage sa responsabilité fiscale sur cette ventilation. Attendez-vous à ce que certaines lignes basculent à 10 %, par exemple un tableau électrique entièrement refait, et à un surcoût de quelques dizaines à quelques centaines d’euros une fois le calcul repris. C’est aussi l’occasion de repérer les postes absents : désembouage, filtre magnétique, adaptation du circuit, protection électrique dédiée, qui reviendront en supplément une fois le chantier commencé. Un devis qui mentionne ces lignes, même à zéro euro, indique que l’installateur a regardé l’installation existante plutôt que le catalogue.

Questions fréquentes

Mon logement a moins de deux ans, puis-je avoir la TVA réduite sur l’installation ?

Non. Les taux de 5,5 % et 10 % ne s’appliquent qu’aux locaux achevés depuis plus de deux ans, affectés à l’habitation. Dans une construction neuve ou dans les deux premières années suivant l’achèvement, la pose de la pompe à chaleur et tous ses postes annexes restent à 20 %.

Si le logement vient d’être achevé, la PAC est en général intégrée au marché de construction, donc facturée au taux normal par le constructeur.

Qui est responsable si le taux de TVA appliqué est faux ?

L’entreprise en premier lieu : c’est elle qui liquide la TVA et qui sera redressée. Mais si la mention que vous avez certifiée sur le devis ou la facture est inexacte de votre fait, vous êtes solidairement tenu du complément de taxe.

Gardez donc le devis et les factures qui portent cette mention pendant cinq ans, et relisez-la avant de signer : c’est elle qui engage votre responsabilité.

Et si l’électricien qui refait le tableau intervient séparément ?

Deux entreprises distinctes réalisent deux opérations distinctes aux yeux de l’administration fiscale. L’électricien facture donc son intervention à son propre taux : 10 % pour des travaux d’amélioration dans un logement achevé depuis plus de deux ans, même si elle sert au raccordement de la PAC.

Pour que l’adaptation du tableau suive le taux de 5,5 %, confiez-la à l’installateur de la pompe à chaleur, limitée à ce que l’installation exige.

Je loue le logement : puis-je déduire ces dépenses de mes revenus fonciers ?

Oui, si vous déclarez au régime réel. Le remplacement d’un système de chauffage par une pompe à chaleur, la dépose de l’ancienne chaudière et le désembouage relèvent des travaux d’amélioration ou d’entretien déductibles des revenus fonciers, ce qui reste ouvert alors que les crédits d’impôt ont disparu.

En micro-foncier, l’abattement de 30 % couvre déjà forfaitairement les charges : aucune déduction supplémentaire n’est possible.

La dépose de la cuve à fioul, elle est aidée ou seulement à taux réduit ?

Les deux, en principe. La neutralisation ou l’enlèvement d’une cuve à fioul fait partie des gestes encore financés par MaPrimeRénov’ hors rénovation d’ampleur, sous conditions de revenus, et bénéficie par ailleurs du taux réduit de 10 % des travaux d’amélioration.

Comptez en général 500 à 1 500 € pour une neutralisation sur place (dégazage, nettoyage, inertage), et jusqu’à 2 500 € pour extraire une cuve enterrée, selon l’accès. Les montants et les plafonds d’aide sont détaillés sur la page des aides 2026.

Julien Morel

Rédaction Questions Travaux

Julien Morel est le nom de plume de la rédaction de Questions Travaux. Nos guides s’appuient sur les textes officiels (Anah, service-public.fr, Légifrance, ADEME) et les règles de l’art. Les prix cités sont des ordres de grandeur, jamais un devis.

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